Manifeste

« Toute folie s’avère raisonnable quand on y travaille suffisamment longtemps ». 

Au plein milieu du brouhaha de ce monde, dans le plein cœur de ses bruits assourdissants, où il est si difficile de se reconnaître, l’artiste, pareil à l’albatros de Baudelaire n’est plus sur le ponton des bateaux mais relégué dans les cales sombres des quolibets et des railleries. Pour échapper à la « Gorillerie » ambiante, pour tordre le coup au fatalisme de remettre tout au lendemain : n’être que seul avec soi-même, plonger dans le moment magique où coule le fusain sur la surface de la toile et goûter sur cet endroit jadis vierge de tout sentiment, secrètement, intimement ce silence sacré qui précède l’harmonie. 

Je suis la sentinelle qui fait face à la violence, la force qui repousse le déni de soi, je suis l’émotion qui nous fait homme et femme, je suis quelque part dans le plus intime de vous. C’est ainsi que je veux que vous  me reconnaissiez, c’est ainsi que je veux que vous m’aimiez, n’être qu’un avec vous par ma toile où mon cœur trépasse, suggérer le meilleur de ce monde et par conséquent le meilleur de vous. 

Je me fais vigilance  et j’avance yeux fermés dans les lignes de cette gazette faite pour vous, dans le sens contraire du courant qui nous amène à notre perte : voilà la participation de ma folie à l’œuvre commune. Serge Mathurin THEBAULT 

                                                                                                         

* Gorillerie » : terme utilisé par Albert Cohen dans son chef d’œuvre à lire absolument « Belle du Seigneur ». Il désigne le comportement grégaire des hommes dans toutes leurs petitesses et leurs soumissions à l’ordre établi.

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